BABY – Scandale et strass

Baby, la nouvelle teen série de Netflix et première production italienne de la plate-forme, devait casser les codes. Inspirés du scandale Baby Squillo en 2014, les six épisodes vous invitent dans l’univers policé du quartier huppé de Parioli à Rome. Au contraire d’Elite, la série ne traite pas tous les sujets de front et préfère se focaliser sur l’indescriptible mal-être qui tiraille ces enfants adultes.

Ce drôle de sentiment que l’on retrouve de plus en plus dans les programmes culturels grand public, Baby parvient à mettre réellement le doigt dessus. Les réalisateurs nous offre leur regard sur la puissance de la jeunesse, malgré les corps de 16 ans à la maturité physique et intellectuelle encore fraîche dont elle est prisonnière. Ils nous montrent cet élan d’insouciance que rien ne saurait arrêter. La pression parentale et l’angoisse d’un futur prédéfini réveillent ce besoin pressant d’être libre et de se sentir vivant. Alors dans cet univers sombre, à travers une débâcle pleine d’excès, de soupirs d’enfants déjà usés mais parés de paillettes et d’assurance, les héroïnes se jettent à corps perdu. 

Bien sûr, la série, tout comme Jeune et Jolie (je recommande fortement aussi), développe en profondeur la dimension malsaine de cet amour du vide contracté par des âmes si jeunes. Pourtant, que l’on se l’avoue ou non, le néant qui les attire est véritablement fascinant. Il y a en effet quelque chose de familier dans la cruauté des gamins, dans la violence morale banalisée et dans l’absurdité de leurs décisions. On suit les adolescents dans toutes leurs contradictions : de jour, ils se flétrissent sous la pression sociale, voient leur intimité bafouée et leur famille disloquée – maux contre lesquels ils sont impuissants. On comprend alors leur besoin viscéral d’aller se fracasser contre les récifs d’une vie nocturne où le danger suppure dans l’espace confiné des clubs.

J’ai beaucoup aimé cette série qui, je pense, s’attaque avec pertinence à un malaise nouveau qui est caractéristique de notre génération. Plus personnellement, j’aimerais dire à tous ceux qui souffrent le jour en silence, tous ceux qui ont l’impression d’être cloués au sol et d’attendre une vie qu’ils n’ont pas décidé, tous ceux qui ont peur finalement : la vie est belle. Le seul moyen de prendre conscience de cette beauté, c’est d’avancer, et à chaque pas de mieux se connaître, gagner en assurance et apprécier le monde, non pour ce qu’il vous apporte en épreuves et en échecs, mais pour le meilleur qu’il fait ressortir de vous.

Aimablement votre,

Les Yeux Bruns

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