ELITE – Retour sur un attendu de la rentrée (spoil)

 

 

Attention ces premières lignes sont là pour vous avertir de la présence de spoil dans cet article. Celui-ci s’adresse à un public ayant déjà visionné la série et souhaitant en lire une analyse possible.

Elite a ratissé très large dès le départ. Le boom de communication mis en oeuvre sur un grand nombre de réseaux sociaux par Netflix pour assurer à sa nouvelle série espagnole un succès égal à celui de sa grande soeur : La Casa de Papel, en est la preuve. Il fallait, et c’est parfaitement compréhensible dans le sens où Netflix est devenu viral, que cette série plaise à tout le monde.

Pour ce faire, les équipes de production ont, pour moi, choisi deux axes. Le premier : un lycée avec des groupes sociaux et ethniques différents, des gamins de seize ans, une dose de danger et beaucoup (beaucoup, beaucoup, beaucoup) de glitter. En somme, le décor n’est pas nouveau et a toujours séduit les adolescents à l’international, il n’y a qu’à voir avec quelle nostalgie on parle encore de Gossip Girl. Soit, d’accord, il faut faire de l’argent, et puis les schémas dits « bateaux » peuvent très bien cacher des bijoux d’inventivité. 

Le second axe auquel cette série s’est affilié à pu me paraître un peu plus dérangeant par moment. Il m’a semblée qu’on avait un peu pris tous les enjeux/injustices qui font le buzz ces dix dernières années dans un mixed-up un peu osé qui semblait dire : « peu importe l’indignation dont vous êtes remplie, nous en parlons ici ». Il est possible que je sois quelque peu mauvaise langue et que mettre le sida, les différences culturelles, l’homosexualité, les inégalités de richesse, l’adoption, la drogue et la prison dans huit épisodes de quarante minutes ce n’est pas si dingue que ça et c’est somme toute représentatif de notre société. Cependant mon sixième sens fait la grimace quant aux intentions des scénaristes et surtout de ceux qui empochent les royalties  derrière eux.

Il vous apparaît surement que j’ai du déprécier cette série pour écrire aussi vertement à son sujet mais ce n’est pas le cas. D’une part je conçois que le média de l’audiovisuel est le nouveau livre de notre époque et que nos références pour se questionner sur les problèmes de nos sociétés passent par les films et les séries ce qui implique une responsabilité chez les nouveaux réalisateurs pour produire un contenu qui va encourager à s’interroger, encore plus dans le cas d’Elite qui devait faire le tour de tous les écrans du monde.

Si vous regardez Elite, vous regardez une production espagnole et chose drôle je m’attache de plus en plus à ces séries qui n’ont rien à voir avec leurs cousines américaines tout simplement parce qu’elles sont guidées par des schémas différents de ce à quoi la grande distribution nous a habitués.

J’appuierai mon propos avec l’issue de la série et toute la fatalité qu’elle amène (oui la mention spoil a un sens je vous assure). D’une façon très générale, les histoires les plus célèbres finissent bien. Il faut aller dans le sens du public qui tant qu’il n’aura pas eu son happy-end se sentira frustré et révolté par le contenu de ce qu’on lui propose. Et bien dans l’esprit d’un auteur quelqu’il soit, le chemin est inverse, plus il avance, plus les obstacles et le noeud de l’aventure s’intensifient pour les héros qu’il a conçu, plus le désir de détruire son univers est tentant. Le monde n’est pas juste, la vie n’est pas juste, il n’y a pas de twist magique avec des policiers qui préfèrent croire une racaille de prison qu’un athlète en passe de devenir une étoile montante de sa nation. Elite ne nous ment pas et on peut sentir l’impuissance de cette société marginalisée face aux verdicts injustes qui tombent du haut des villas de marbre.

C’est vrai que la fin m’a plue, je ne voulais pas une fin tirée par les cheveux et Elite m’a offert un véritable tombé de rideau. Pas une fin mièvre avec des bons sentiments, ni un carnage, juste tout à coup, les nombreux personnages qui peuplent la série se sont révélés dans toute leur humanité, et, à dire vrai, une belle bande de losers égoïstes.

C’est d’autant plus intéressant à mon sens que durant l’intégralité de la série nous enquêtions sur chacun d’eux avec cette très chère commissaire qui faisait le lien entre présent et passé. Une enquête qui  a pu nous amener à nous forger une idée assez tranchée sur chacun d’eux, avec des jugements, des préférences, mais pas quelque chose qui aurait pu permettre d’anticiper à quel point leurs dernières actions ne seraient que le reflet de leur jeunesse dans tout ce qu’elle comporte de faiblesse. 

J’ai aimé cette dimension là de la série, cette idée qu’après beaucoup trop de bruits, du sexe à foison, des minorités en pagaille ; on entrevoit des adolescents de seize ans dans tout ce que cet âge peut avoir de misérable parfois et sans qu’aucun écart de richesse ne puisse les distinguer sur ce point là.

 

Bonne rentrée (en retard),

LesYeuxBruns

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