Mindhunter – les débuts du profilage américain

Il y a un charme particulier aux productions audiovisuelles qui choisissent comme cadre le milieu du XXème siècle. Mindhunter n’échappe pas à la règle avec les Etats-Unis old fashion qu’il dépeint : les Etats-Unis où on allume sa clope en plein vol et où les auberges sont des bâtisses perdues et chaleureuses. Les personnages explorent un décor authentique. Tout au long de leur parcours se distribuent les prémisses de la psychologie criminelle, avec un vidéo-projecteur dans le coffre pour éduquer les petits commissariats de campagne.

Mindhunter, ce sont les débuts du profilage, dans une époque où pour la première fois on voit des hommes en tuer d’autres pour des motifs ni raisonnables, ni passionnels. La série illustre la transition marquante entre l’action d’un « diable » qui s’incarne dans le personnage d’un criminel à la cruauté absurde, et l’émergence d’un concept : le serial killer. C’est une sorte de grande découverte, où tous ses protagonistes tâtonnent et ressent l’enjeu de cette recherche. C’est aussi l’histoire d’une Amérique encore pudique et patriarcale qui sous la pression de la jeunesse, la diffusion de plus en plus importante d’auteurs aux idées novatrices et quelques esprits libres se laisse peu à peu aller.

L’intrigue est rigoureusement ficelée dans cet univers policier où on ne regardera que les affaires les plus sordides sans qu’à aucun moment le réalisateur n’ait jugé bon de nous censurer. Le choc en est d’autant plus important : tout comme les personnages vous ressentez la violente incompréhension, la malaise ambiant devant un type d’horreur inqualifiable et injustifiable.

J’ai eu un petit coup de coeur pour le personnage féminin, la copine du petit bleu qui rêve de faire la découverte qui révolutionnera la psychologie criminelle. Elle est ce que j’aimerais appeler « féministe » : elle aime les hommes, ne revendiquant rien de spécial mais par son caractère bien trempé, son amour pour les études et sa perspicacité se détache et prend toute la place sur l’écran. 

Il ne reste plus qu’à vous enjoindre d’ouvrir votre compte Netflix et apprécier par vous même l’esthétique et l’histoire de la première saison. Rejoignez la première brigade de profilage américaine et résolvez l’énigme : naît-on mauvais ou le devient-on ?

@LesYeuxBruns

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