King Kong théorie, coup de poing sur scène

C’est l’un des derniers soir où le livre de Virginie Despentes, King Kong Théorie, est joué sur scène par Valérie de Dietrich et Vanessa Larré. Il est 21h, je suis au Théâtre de l’Atelier dans le 18ème à Paris et je me fais la réflexion que la grande majorité des personnes qui attendent de rentrer sont des femmes.

Sans avoir jamais lu le livre, j’en connaissais malgré tout les grandes lignes et cela pouvait m’expliquer sans pour autant légitimer la nature du public : le livre se concentre sur la place et le rapport d’une femme dans la société.

Trois comédiennes (assez oufs d’ailleurs) sont sur scène, trois personnes distinctes et pourtant elles récitent la parole originale d’une seule femme qui parle entre autres de son rapport à la féminité, à la virilité, au féminisme, au et à son viol.                                      La mise en scène est crue, violente, les paroles aussi et pourtant celles-ci sont suivies par des moments volontairement absurdes qui nous permettent de rire et d’extérioriser le malaise, la tristesse ou la colère.
Le discours peut paraître radical mais il n’est jamais imposé comme dogme. Elles racontent, on les écoute et on nous laisse le choix de réfléchir, d’être d’accord ou non avec elles. On nous expose une façon de penser, des arguments mais sans jamais se sentir agressé.e.s ou coupables de ne pas penser pareil.

La scène est peu décorée : un tapis rouge, quelques chaises et deux armoires en métal qui contiennent des objets qui interviennent pendant la pièce. En seconde partie, une caméra est utilisée pour retransmettre directement ce qui est filmé sur un écran. Les comédiennes se filment entre elles et font également sauter le quatrième mur en tournant la caméra vers le public pour le solliciter.                                                                      Ce soir-là, malheureusement, tout le monde est resté stoïque mais j’aime à penser que lors d’une autre représentation un.e spectateur.trice a peut-être osé prendre la parole, et créer l’opportunité d’un réel échange. Ce n’est qu’à la fin de la pièce que l’idée qui se cache derrière la théorie du « King Kong » est expliquée, et que l’on évoque aussi la question de la masculinité et de la place de l’homme dans notre société.

Pour conclure, on pourrait dire que l’idée principale de l’oeuvre est bien celle de vouloir mettre l’humain avant tout, et d’effacer les rapports de soumission et de domination des sexes dans notre société, au schéma encore bien trop binaire.
Malheureusement, les représentations viennent tout juste de se terminer, mais c’est bonne excuse pour lire King Kong théorie de Virginie Despentes cet été !

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