Focus sur le sentimental aguerri : S.Pri Noir

Cela faisait plus d’un an que S.Pri nous offrait de temps à autre quelques titres en exclusivité, accompagnés de clips soignés. On pourra noter « Highlander » ou « Skywalker », remarquables par leurs impressionnantes valeurs de plans et leurs tons de couleur emplis de douceur. Une figure à la fois douce et pleine de violence, voilà ce qui pourrait résumer ce jeune Parisien. Il a commencé avec des featurings de tous les côtés avant d’arriver à un rythme de sorties effréné.

Amateur de belles rimes et d’images bien cadrées, S.Pri a su nous donner envie d’entendre ce projet dont le titre est tombé il y a peu : Masque Blanc. C’est un gros album, comme on l’en voit de moins en moins, composé de 22 titres. Ce qui explique la disparition de projets dépassant les 20 morceaux, c’est le fait qu’un album, contrairement à une mixtape, se doit de rester cohérent. Comme un film, il doit porter un message, développer ses caractéristiques propres, créer des liens et être organisé selon une certaine chronologie, avec un point de départ et de fin. C’est ce que S.Pri parvient à faire pendant ses 22 titres, durant lesquels il ne se perd pas. Bien sûr, et heureusement, il varie les prods et les influences comme les flows ou les bpm, mais tout cela crée une richesse, une complétude, pour un projet qui fait résonner les différentes facettes de l’artiste.

La phase d’intro de l’album fait écho à la dernière phase. Sur « Nymeria », il commence avec :

« Une daronne qui pleure, un petit frère qui se tire, On descend du bloc, on descend du pire »

et l’album se clôture sur « Gavaria » qui détaille et explique cette intro :

« C’est le 75 que l’on pratique le cœur froid comme l’antarctique »

Ces deux phases se complètent : S.Pri explicite assez clairement que le manque de sentiments et le détachement qui caractérisent cette nouvelle génération parisienne la rendent plus forte – il considère ici le fait d’être sentimental comme une forme de faiblesse. Pourtant, tout au long des morceaux qui vont suivre, il remet en question cette déclaration. Il incite à la commémoration de nos morts : « Hier ma reine est morte, on a tiré dans le ciel » et ainsi se révèle être un sentimental empli de spleen.

On trouve aussi un côté moraliste dans certains titres, dans lesquels il justifie les erreurs de son passé. Il explique l’obligation de réaliser ces actions, obligation qu’il remet désormais en question.

Un dernier détail qui peut sembler léger mais qui est plein de sens : il est désormais possible sur Spotify pour l’artiste d’ajouter une vidéo qui s’affichera pendant la lecture du titre. De plus en plus d’artistes s’essayent à cela, la plupart ne faisant que se filmer en train de bouger ou de fumer. S.Pri, lui, a décidé d’y insérer des designs animés en 3D. Ces vidéos apportent un aspect assez futuriste à son album, qui se reflète aussi dans les prods.

En bref, ce premier album est bien réussi pour S.Pri Noir et nous laisse espérer de le revoir dans le paysage musical français.

https://open.spotify.com/embed/album/0exLGcEY6a4G1BoJGnAUAV

@matthbis

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