Mektoub my love : la contemplation du désir

Mercredi 21 mars 2018 est sorti le nouveau film d’Abdellatif Kechiche, Mektoub my love : canto uno.

Pas emballée par la bande annonce, légèrement déçue par La vie d’Adèle (son précédent film, sorti en 2013) et voyant que ce nouveau film durait trois heures, j’ai longuement hésité à aller le voir en salle. Mais, mes cours de la journée ayant été exceptionnellement annulés, j’ai trouvé l’occasion de m’y rendre malgré tout – c’était maintenant ou jamais… Et, je vous le dis, ce fût sûrement l’une des meilleures décisions que j’aie prises depuis longtemps.

Pour ce film, Kechiche s’est en partie inspiré du roman de Francois Bégaudeau, La blessure, la vraie. On est en 1994, à Sète. Amin, après avoir arrêté ses études de médecine à Paris, vient passer les vacances dans sa ville natale, auprès de toute sa famille. En plus de retrouver cousins, tantes, amis, il fait la rencontre de deux filles sur la plage.

Jusqu’ici, l’histoire semble banale. Mais le récit devient rapidement incroyable.

Abdellatif Kechiche et ses comédiens nous offrent dans une véritable ode au désir. Le film dégage un naturel bluffant, probablement dû à l’improvisation et au choix d’acteurs, qui pour la plupart sont non professionnels et n’avaient d’ailleurs aucun lien avec le monde du cinéma jusqu’au tournage. Ainsi le film se caractérise-t-il par un réalisme remarquable dans les relations entre tous les personnages.

Les plans durent, les séquences aussi : le réalisateur prend son temps et nous montre des vrais moments de vie – et nous, on ne voit pas le temps passer. La caméra épaule donne une sensation de flottement permanent, elle est légère, elle épouse les corps. Sans jamais entrer dans la vulgarité, Kechiche explore à la fois la beauté du corps humain, mais aussi les relations et le désir qu’il peut y avoir entre les êtres. Et, comme nous, Amin n’est qu’un spectateur qui n’a d’autre choix que d’admirer tout cela.

Je ne pense pas pouvoir trouver des mots à la hauteur de l’intelligence, de la finesse, de la pureté et de la vraisemblance des séquences – mais j’espère vous avoir donné la curiosité d’aller au cinéma, de voir Mektoub my love : canto uno et d’apprécier ces qualités par vous-même.

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