Vald : un mois après la sortie de Xeu

À seulement 25 ans, le rappeur d’Aulnay-sous-Bois cartonnait déjà avec Agartha, son premier album. Le 2 février 2018, il revient en force avec un deuxième album : Xeu. Du début à la fin du processus de sortie, Vald a réussi à faire vibrer ses fans : d’abord, son annonce inattendue au concert de Damso à l’Olympia ; puis la pochette de l’album, un monochrome blanc sur blanc qui a mis tous les graphistes de France en PLS ; enfin un faux leak de l’album, diffusé par une prétendue ex vengeresse en janvier, qui s’est révélé après plusieurs heures être non pas le tant attendu Xeu mais le troisième volet des mixtapes NQNT. Après tout ce suspense, et un peu plus d’un an après la sortie d’AgarthaXeu arrive enfin dans les bacs. Au programme : dix-sept titres aux prods hyper variées dont trois feats avec Fianso, Sirius et Suikon Blaz AD.

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Mais d’où vient ce nom, « Xeu«  ? Vald évoque dans ses nouveaux titres les côtés sombres de sa personnalité. Xeu, c’est peut-être l’ecstasy (pour le rappeur, la musique est similaire à la drogue), ou bien une référence à un dieu, figure à laquelle Vald aime régulièrement s’identifier. Mais avant de commencer à élaborer des théories interprétatives diverses, notons la raison officielle dévoilée par Vald : pour dire Xeu, on est obligé de sourire et cela le rend heureux.

Les intrus de ce second album sont toutes signées Seezy, son beatmaker : les morceaux se rapprochent de l’électro, contrairement à son premier album dans lequel DJ Weedim donnait une rythmique plus trap. On constate par ailleurs que la voix particulière du rappeur a mûri au fil des concerts et des cigarettes. Mais Vald reste fidèle à lui-même et poursuit son propre chemin : un rap un peu absurde, blindé de références surprenantes, entre mélancolie presque douce et provocations hystériques.

Un mois seulement après la sortie de Xeu, Désaccordé est déjà numéro un des plates-formes de streaming Deezer et Spotify en France. Le morceau et son clip débordent d’une ironie dénonciatrice : « Niquez vos mères, j’vais m’délivrer ; toute cette oseille, j’l’ai méritée. J’ai disque d’or, j’ai pedigree, t’as que la mort, t’es périmé ». Vald ose et parvient à critiquer férocement le monde qui l’entoure, tout en restant le comique décalé qui le démarque des autres rappeurs français actuels.

 

Avec la collaboration de Sirius sur Rituel, de Suikon Blaz AD sur Offshore, mais aussi et surtout de Fianso sur Dragon, Vald a bien choisi ses feats. Sofiane et lui appartiennent tous deux au label Capitol Music France, une filiale d’Universal Music France, et sont très amis. Ils ont d’ailleurs livré un aperçu de leur complicité dans l’émission Planète Rap sur Skyrock, quelques jours avant la sortie de l’album. Une apparition durant laquelle Vald n’a pas omis pas de rappeler la sortie de l’album de son compère, juste avant qu’ils livrent, en duo, une déroutante version live de Dragon. 

[EXCLU] Vald « Dragon » Feat Sofiane #PlanèteRap

Xeu, dès les premières notes, frappe fort : le premier titre Primitif, offre en effet à lui seul un panorama de l’état d’esprit du rappeur. Suivent les futurs gros hits tels que SeumChépakichui, d’autres titres résolument trap comme Rockin ChairDQTP, Jeantertain, et enfin des titres plus mélodiques comme Désaccordé, Deviens génial ou Possédé. Mais comme Vald le dit si bien dans Chépakichui  « C’est pas juste une question de vibes, c’est bien plus que ça. » La force de Vald est bien là : peu importe la mélodie, le style, le flow, les punchlines qu’il choisit pour exprimer son second degré poussé à l’extrême, Vald reste lui-même et c’est pour ça qu’on l’aime.

Ce second album est donc une franche réussite. Il a des petits défauts, des morceaux moins intéressants que d’autres. Mais on y trouve aussi et surtout de vraies perles : DQTP pour le turn-up, Réflexions basses pour l’originalité, Gris et Résidus pour l’analyse sociale. La grande majorité des productions est de qualité, alliant simplicité et efficacité et n’hésitant pas à changer de registre musical sur Deviens génial. En plus des treize solos de Vald, on a les trois featurings excellents qui révèlent une réelle entente entre les artistes en collab. Dans les paroles, on passe du bonheur à la rage, en passant par les hallucinations et la mélancolie à travers une progression plutôt cohérente : la montée de l’intro Primitif, le climat agité de Désaccordé et le bonheur des dernières notes de Trophée. Si dans Agartha, on sent que le rappeur explore ses limites, Xeu est différent : plus personnel, plus sérieux. Mieux ? Je vous laisse en juger. Dans tous les cas, j’ai hâte d’entendre Vald produire Xeu sur scène pour juger de sa performance en live, et j’espère pour lui que l’une de ses réflexions basses se réalise.

 

@jujulaberlue

 

 

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