15h17 pour Paris, pire film de 2018?

Mercredi 7 février, le nouveau film de Clint Eastwood, 15h17 pour Paris, est sorti en France.

Bien que le film ne m’ait pas, avant même sa sortie, spécialement attirée, je me suis obligée à aller le voir au cinéma. J’espérais sortir de la salle enthousiaste, agréablement surprise et mes a priori dissous. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. Je ne pensais pas qu’il était possible pour l’un des plus grands cinéastes du 20ème siècle de se planter à ce point.

L’histoire s’inspire de faits réels : la tentative terroriste du 21 août 2015 dans un train Thalys qui a été déjouée par des passagers, dont trois amis américains en road-trip dans toute l’Europe. Le film relate d’abord la rencontre de ces derniers, leur envie de s’engager dans l’armée pendant leur adolescence et le voyage qui les a amenés à faire partie des passagers du fameux train en 2015.

Il faut savoir que les trois protagonistes jouent leurs propres rôles, peut-être pour satisfaire une envie d’authenticité, de réalisme. Mais, si la démarche est innovante, elle ne profite pas au film.

On nous présente donc trois jeunes hommes qui ne pensent qu’à jouer à la guerre (pour ensuite s’y engager vraiment), sortir, faire des selfies, et évidemment reluquer des filles.

Au-delà de ces trois personnages un peu simplistes, le film en général est un cliché ponctué de dialogues mal écrits et très superficiels. Il n’y a quasiment aucune profondeur dans les discussions entre les personnages, et toutes les interactions sont vulgarisées : dans une scène, par exemple, on voit à l’écran un enfant qui n’a pas plus de 12 ans saluer la mère d’un ami avec un check, pour montrer qu’il est « cool ».

Le réalisateur met en évidence, dans le milieu familial des trois protagonistes, l’omniprésence de la pensée chrétienne qui régit leur façon de vivre et de penser : une problématique intéressante, mais qui encore une fois mériterait d’être approfondie.

Clint Eastwood a donc réussi à sortir un film à la fois pompeux, plein de stéréotypes, plutôt dénué de qualités esthétiques notables et qui frôle parfois même le ridicule.

On peut tout de même soulever un procédé cinématographique intéressant. À aucun moment le visage du terroriste n’est dévoilé : il est dépossédé de son identité, et ainsi de son humanité. Par ailleurs, bien que Clint Eastwood nous dépeigne des personnages légèrement stupides et assez insupportables, il nous montre malgré tout leur héroïsme touchant. Pourtant, toute la première partie du film mène à penser que cet héroïsme n’est que le fruit d’un caractère impulsif, un acte irréfléchi et téméraire – ou alors commandé par Dieu, au choix.

Peut être ai-je mal interprété le film, ou ne l’ai-je pas compris… en tout cas je l’espère.

2 réponses sur “15h17 pour Paris, pire film de 2018?”

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