Trône de Booba : ode à la longévité

Enfin, après la dernière sortie de Booba qui était Nero Nemesis ; le rap français était en attente de plus de choses que de simples clashs sur Instagram. Booba avait annoncé depuis longtemps ce fameux album Trône, un projet qui devait briser le rap français et mettre le rap game à genoux. Qu’en est-il vraiment ?

D’abord, retour sur les derniers jours assez chaotiques. Oui, l’album a leaké presque 3 semaines avant la date de sortie annoncée, ce qui parait un peu trop gros pour être une fuite involontaire, surtout pour un projet censé être si important. Certains ont commencé à lancer des théories à tout va entre l’idée du double album ou encore le caractère volontaire du leak. Pour répondre à ces théories il faudra s’armer de patience et attendre, peut-être un jour, une déclaration du Duc. Bref, revenons en à notre problème principal : que vaut cet album ?

Booba c’est désormais 20 ans de carrière, des projets qui sont désormais des monuments du rap français, des clashs en tout genre et un business bien installé. Trône comprend 15 titres dont 2 bonus qui sont DKR et E.L.E.P.H.A.N.T. De nombreuses ambiances et prod différentes sont réunies, on peut trouver du rude et sec comme avec Terrain ou des titres plus dansants comme A la Folie.  La plupart des titres sont assez courts mais laissent place à des punchlines efficaces et bien taillées. On se retrouve confronté à de nouveaux thèmes, dans sa position de père il va s’attarder sur Luna, sa jeune fille. Il lui dédiera même un magnifique titre intitulé Petite fille qui viendra clore l’album. On sent dans ses paroles que le désormais quarantenaire Élie Yaffa a grandi, mais s’est surtout   assagi. Même s’il manie encore très bien l’ego trip et se place toujours comme le patron du rap game, il évolue dans ce qu’il transmet.

On peut par exemple entendre dans l’album qu’il ne glorifie plus la prison mais a plutôt tendance à être critique envers son passage là-bas. On retrouve quand même un de ses outils préférés, le vocoder dès le premier titre jusqu’à atteindre son apogée sur la douce ballade Ridin’. Son évolution se marque par la musicalité générale de l’album. En effet, il quitte le style assez violent de Nero Nemesis pour plutôt venir  se poser dans la douceur avec Trône. On retrouve peu de feats mais ilssont tous plus impressionnants les uns que les autres, entre Gato qui progresse réellement ou encore Damso et Niska qui atteignent des sommets.

Trône est un album qui montre le niveau technique de Booba qui arrive à s’adapter sur tous types de prods avec un flow passant par différentes étapes. Quelques petites piques pour ses ennemis sont présentes mais finalement peu par rapport à ses anciens projets. Ce qui est sûr c’est que cet album est l’un des piliers de l’année 2017, de par  l’attente qu’il a suscitée mais surtout par la qualité du projet, ce qui explique ce tempsd’attente. Le seul regret serait sûrement la facilité choisie à certains moments, ce projet prend moins de risques que les anciens et tente moins, mais peut être est-ce parce que le Duc a trouvé ce qui lui faisait le plus plaisir dans ce style, qu’il domine sans conteste.

 

@matthbis

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