Pour le réconfort: Le cinéma indépendant français que l’on veut voir

Ce 25 Octobre sortait dans quelques salles parisiennes Pour le réconfort, le premier film de l’acteur français Vincent Macaigne. Pour sa journée de lancement, l’acteur ainsi que l’équipe a fait la tournée des cinémas parisiens.

L’avant première

Il est 22h10 au cinéma MK2 Beaubourg. Devant une salle bien remplie, l’excentrique Vincent Macaigne surgit de l’arrière de la salle vers le devant tandis que la moitié des spectateurs sont encore en train de doucement retirer leurs vestes.

Vincent : Bonjour à tous, alors voilà… C’est moi, Vincent Macaigne. Alors je suis très content d’être ici avec vous pour la projection de mon film, qui est un peu chiant d’ailleurs… Nan je rigole, il est pas chiant, restez jusqu’au bout. Enfin vous pouvez partir mais ça serait dommage. Normalement à la fin de chaque séance j’anime un petit débat mais là on aura pas le temps. Du coup vous pourrez me retrouver dehors et on pourra boire des bières. Donc pas de débat, mais des bières, pas mal non ? Allez, bon film.

C’est sous les rires et les applaudissements des spectateurs que Vincent se retire. Le film, présenté à Cannes et ayant ramassé de très bonnes critiques presse, commence alors.

(A)battre la campagne

Pour le réconfort traite de la thématique de la fracturation entre la ville et la campagne en 2013 (date de tournage du film). Lorsque deux citadins reviennent dans leur village natal afin de s’occuper des terres de leur père décédé, ils rencontrent les gens qui s’occupaient des terres à leur place jusqu’alors.

Tournée avec très peu de moyens en 10 jours et monté en 4 ans, le film est un véritable contre pied à toutes les productions extrêmement coûteuses actuelles tant le budget de ce dernier est minime. C’est avec le jeu de ses acteurs (issus des conservatoire parisiens) tout bonnement exceptionnel et avec ses nombreuses scènes de monologue que le film expose avec brillance la fracture entre les deux France qui cohabitent ensemble. Les dialogues ainsi que le déroulé des scènes extrêmement bien écrits donnent en effet cette inébranlable impression de regarder un documentaire glaçant sur notre société. Même dans sa mise en scène, le film nous surprend sans cesse avec de beaux cadres et une simplicité remarquable. Cette comédie dramatique, plus dramatique que comique, nous laisse finalement sur le gout amer de l’incertitude jusqu’à ce que, plusieurs heures après le visionnage, on veuille bien accepter la réalité de ce qui nous a été montré: les vieux, c’est l’avenir.

Plus qu’un propos solide, le film est aussi une vraie leçon de réalisation pour tout amateur souhaitant se lancer dans la réalisation. Le voir opère comme un révélation, un espoir sur l’avenir du cinéma indépendant français. Comme dirait Orelsan, « Si tu veux faire des films, t’as juste besoin d’un truc qui filme ».

Bref entretien avec Vincent

A la sortie du cinéma, comme promis, Vincent, les acteurs ainsi que le producteur nous attendent à l’extérieur en toute simplicité : l’occasion pour nous de parler de tout et de rien.

Lémo : Bravo pour ce film, et bravo aux acteurs qui ont un jeu incroyable !

Vincent (montrant les acteurs) : Ah merci, c’est aux acteurs eux mêmes qui faut dire ça aussi !

Lémo : Ils viennent d’où vous acteurs d’ailleurs ?

Vincent : Ce sont des amis à moi du conservatoire, tout simplement.

Lémo : Vous êtes à la base comédien et vous sortez votre premier film: quel conseil donneriez vous à un jeune réalisateur aguerri ?

Vincent : …De s’accrocher. Tout simplement !

Lémo : Quel dispositif avez vous utilisé pour filmer ?

Vincent : Ah euh… On a filmé avec une caméra HD.

Lémo : Un camescope ?

Vincent : Oui voilà, en gros c’est ça.

Lémo : On parle souvent du montage qui a duré 4 ans… Pourquoi ?

Vincent : Ah… C’est parce que c’est long haha. Mais j’ai pas monté 4 ans non stop hein, il faut pas croire. J’ai monté quelques mois en tout, mais oui ça a pris un peu de temps.

Lémo : C’est peut être à cause de votre condition originelle d’acteur que vous avez mis plus de temps que prévu pour le montage non ?

Vincent : Non pas particulièrement.

Lémo : Et comment s’est passé cette première journée de projection alors ?

Vincent : Bien, bien ! Ça fait depuis ce matin là que je fais les projections… Dans les cinémas qui projettent le film quoi. C’est très sympa, les débats sont très intéressants. Après le soucis si tu veux c’est que c’est un type de format que les cinémas sont pas habitués à projeter du coup il est difficilement programmable. (A tout le monde) Si vous avez aimé le film, hésitez pas  en parler autour de vous pour que les gens soient au courant.

Lémo : Je n’y manquerais pas.

Vincent : Ah génial  !

Lémo : Du coup, cette bière ?

Vincent : En vrai j’ai encore plein de boulot demain et je suis assez claqué, mais ça aurait été avec plaisir ! Bonne soirée !

C’est sur ces mots que l’humble et extrêmement humain Vincent Macaigne s’en va, fanfaronnant, après nous avoir serré la main. On espère de tout cœur que son film rencontrera le succès escompté dans les semaines à venir, et on espère également que vous irez au cinéma tant qu’il est encore temps. Il se peut cependant que pour les non-parisiens, cela soit un peu plus compliqué.

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