Le Roi Arthur : La légende d’Excalibur et The Young Lady

En ce mois de Mai à la météo incertaine, tandis que le festival de Cannes bat son plein, en tant que grand cinéphile je vais à la place vous conter ma semaine dans les salles sombres du cinéma UGC les Halles, tantôt car l’argent se fait rare pour financer un voyage au pays du tapis rouge, mais aussi parce que bien qu’institution préstigieuse, Lémo ne peut encore prétendre à recevoir une accréditation journalistique à Cannes. Focus sur deux films vus dernièrement dont le dénominateur commun est de donner deux visions du passé de l’Angleterre, tantôt épique tantôt intimiste.

Le Roi Arthur se bling-blingise

Le premier film dont nous allons parler est Le Roi Arthur : La légende d’Excalibur de Guy Ritchie, réalisateur surtout connu pour ses deux films Sherlock Holmes avec Robert Downey Junior et Jude Law. Ces deux films étaient assez moyens, l’incipit du premier film étant le plus puissant somnifère de tous les temps avec sa suite de scènes ayant le potentiel de faire perdre à tout néophyte la volonté de continuer. Bien que moyen, ces films avaient le mérite d’être une bonne vitrine pour le style de réalisation de Guy Ritchie dont le montage alterné et les ralentis (en même temps parfois)  en sont l’immense marque de fabrique. Cette année, le bougre s’attaque à une autre légende britannique tout aussi titanesque mais plus ancienne : le roi Arthur.

Bien que je ne connaisse pas la mythologie d’Arthur par cœur, nul besoin d’être Merlin avec sa poudre de perlimpinpin pour savoir que le film prend d’immenses libertés avec le matériau de base, un peu comme dans les deux films Sherlock Holmes. Par contre, là où il faut être Sherlock, c’est pour comprendre le film dans son intégralité du premier coup tant le montage alterné est au mieux brouillon, au pire incompréhensible. Certains montages alternés mélangent passé et futur, réalité et fantasme et parfois les quatre à la fois si bien qu’on perd parfois pied avant qu’un détail nous mette sur les bons rails de l’intrigue. Ouf ! Ormis cette figure de style déroutante le film fonctionne beaucoup mieux que ses deux aînées. Guy Ritchie n’a jamais autant usé de ses effets spéciaux que dans ce film (même si cela constituerait un argument pour limiter Le Roi Arthur a une grande vitrine ce qui n’est pas le cas). L’histoire fonctionne très bien et la multiplicité de personnages à l’écran est toujours bien gérée, même si cela a pour effet de reléguer Lancelot et Perceval à des figurants de fond de tribune.

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John Watson a bien changé depuis Sherlock Holmes. La preuve: il a rasé sa moustache.           Crédit photo: Allociné

 

Tout néophyte du genre fantastique ou même de la légende d’Excalibur peut apprécier l’œuvre ; Pour les plus tatillons qui ne jurent que par l’original, la pilule aura peut être du mal à passer face à des décors et à une histoire très (trop ?) stylisé. Ce qui fait cependant accrocher au film de Guy Ritchie, c’est la bande son qui, à base de percussions, de violons et de souffles humains rend le film plus organique que jamais. Le film respire et nous fait respirer, les scènes s’enchainent de manière logique et les scènes de combat fonctionnent bien (malgré le chaos généralisé organisé par le monteur d’effets spéciaux qui visiblement voulait vider tout son dossier de gros monstres et de flammes en 3D). Bien évidemment l’intrigue ne vous fera pas sauter jusqu’au plafond mais il est important de souligner que ce blockbuster est porté plus loin que par l’intérêt de ses effets spéciaux tant le cachet de son réalisateur est perceptible. Le film est donc, malgré ses défauts, une bonne surprise qui bling-blingise ce bon vieux Arthur plus que jamais, un côté « scènes et paillettes » qui n’a rien à voir avec un autre film britannique : The Young Lady

The Young Lady, un premier film réussi

The Young Lady est le premier film de William Oldroy, un réalisateur britannique. L’histoire se déroule en Angleterre à la fin du 19 siècle dans une ferme reculée où une femme, mariée de force à 16 ans à son mari impuissant, va devoir se confronter à la solitude et à la vie de femme au foyer. Dévoiler davantage du film que cette introduction serait une erreur puisqu’elle enleverait tout cachet et tout effet que peut vous procurer le film. D’un côté, il met le doigt sur la condition de la femme à l’époque et aujourd’hui à travers une intrigue réjouissante et de l’autre, le film possède une pudeur plus qu’appréciable, pudeur à travers laquelle de la romance se conjugue au thriller pour créer une tension théâtrale constante entre Shakespeare et Marivaux.

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Le cadrage et les costumes du film sont tout aussi remarquables que l’actrice interprète Florence Pugh. Crédit Photo: BBC

La réalisation laisse respirer le spectateur tout en l’enfermant dans une baraque à travers de nombreux plans fixes Hitchcockiens qui, contexte mis à part, transforme The Young Lady en récit intemporel. Cette modernité dans un récit se déroulant 2 siècles dans le passé fonctionne à merveille, avec une young lady torturé par ses hormones et par le rôle de femme au foyer qui le tiraille, rendant le script surprenant et quasiment irréprochable. On regrettera peut être l’absence totale de musique ou formulé autrement, l’ambiance sonore étonnamment silencieuse, alors attention à ne pas s’assoupir entre deux plans et louper un morceau important des péripéties du film. William Oldroynous a offert une œuvre discrète, humble et honnête et l’on attendra avec impatience ses prochains films. On espère également avoir des explications sur la traduction du film qui en Anglais s’apelle Lady MacBeth, comme le nom de la nouvelle dont il est issu.

@domorar

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