ACRIMONIE JOYEUSE DE LA SEMAINE Rite de passage

Jusqu’au dernier instant j’ai cru devoir annuler la chronique. J’avais rien à dire, rien de palpitant cette semaine. Ma fierté en avait pris un coup, c’était l’échec. Cette semaine j’avais pour idée d’aller voir Grave et de pouvoir déblatérer sur le sujet. Le problème, je ne consentais pas à le voir seule, ni après 22 heures. Échec sur échec personne ne voulait m’accompagner… Entre ceux qui refusaient de le voir et ceux qui l’avaient déjà vu, je me retrouvais sans compagnon de route. Je n’ai jamais réussi à passer le cap du cinéma en solitaire, car le récap/bilan post visionnage à plusieurs en marchant vers la sortie, en rentrant chacun chez soi fait partie intégrante de l’expérience du cinéma, selon moi. Sûrement en vieillissant, quand je deviendrai complètement aigri ( c’est sur ça va finir par arriver) j’irai seule, mais pas pour le moment. Bref toute la semaine personne ne voulait m’accompagner voir Grave jusqu’à ce soir, où par tout hasard je me suis retrouvée sur l’itinéraire de mes deux sauveurs partis pour Grave. Je me suis imposée, je les ai suivis et hop la chronique était sauvée !
Donc Grave si on récapitule c’est le « film d’horreur » français sortie en salle la semaine dernière, mais dont on entend parler depuis le printemps dernier, depuis Cannes. C’est ce film sur le cannibalisme en école de véto, le premier film de la réalisatrice française Julia Ducournau.

Le cannibalisme ici est traité comme une évolution, comme un rite de passage, au même titre que l’adolescence. On suit l’évolution de Justine ( la remarquable Garance Marillier, si douce et si violente), son arrivée à l’école, ses retrouvailles avec sa sœur ainée et le déroulement du fameux bizutage qui va tout faire basculer.
Moi aller voir un film d’horreur au cinéma ? JAMAIS ! et puis en fait si, ça se fait. Ça se fait, car à aucun moment j’ai cru être devant un film d’horreur. Certes certaines scènes m’ont dissuadé de manger de la viande pour les dix prochains jours, mais ce film est surtout une esthétisation du film de genre. C’est joli, tout au long du film c’est très très beau alors, on oublie que c’est glauque et que ça dégoute. C’est joli et c’est sexy aussi. Le thème et les images sont un peu similaire au Neon Demon de Nicolas Winding Refn, à la seule différence qu’ici c’est réussi alors que le précédent était complément raté. Si les images sont léchées ce n’est pas pour autant qu’elles sont lourdes et redondantes. Oui parfois c’est un peu gratuit (coucou le gros plan boite de night où je te lèche un œil pendant 20 secondes) mais on en tiendra pas rigueur.
Ce que je retiendrai le plus du film c’est le cadre. Une île de béton au milieu de la campagne, au milieu de rien, enfin comme la réalisatrice veut nous le faire croire. Sur les toits, dans les sous sols, dans les couloirs et au pied des tours, la totalité des bâtiments semble exploitée à des fins esthétiques qu’on ne reprochera pas.
Je pourrai aussi vous parler du fait que c’est une FEMME qui fait un film de genre, un film gore, son rapport au sang et à la violence comme on le lit à droite à gauche mais j’ai pas envie. J’ai pas envie parce que c’est pas important, Julia Ducournau est une femme et alors ? Pas besoin de le faire remarquer toutes les deux lignes, on le sait et ça ne change rien à son œuvre.
Au bilan/récap de fin de séance, de retour à la maison, on dira que c’était plutôt pas mal au final.

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