ACRIMONIE JOYEUSE DE LA SEMAINE Oh princess…

Prévoyantes, il y a un bon mois on avait pris nos places pour aller voir Princess Nokia au marché gare. En ce moment il fait froid, on avait pas d’endroit où dormir, on ne pouvait pas prendre de train retour, on s’était dit « on annule, on revend nos places ». On a frôlé l’hérésie. Deux jours avant, la solution nous est tombée sous le nez, ouf on avait un toit et un lit chaud sous la main, ouf on irait voir Princess Nokia et on ne s’en remettra jamais. Le marché gare c’est la MJC de Confluence, il n’y a pas plus de 300 places devant la scène, le demi y est à deux euros et le vestiaire se fait à même le sol derrière le bar. Une de ces petites salles qui réchauffent les corps et les coeurs. Après une première partie qui nous a fait ni chaud ni froid, Cimer ( oui ça s’appelait Cimer ) la princess débarqua sans préambule avec « Tomboy » un morceau qui réveille les morts. Elle est là, devant nous, nonchalante en bermuda /pyjama les cheveux en pétard. Elle est bien trop cool pour nous ! Au bout de deux morceaux le ton est donné, elle ordonne la réorganisation de la foule, ce concert il se fera avec les filles au premier rang et les gars dans le fond. Pendant deux heures elle enchainera les morceaux (partie un nouvel album partie deux celui d’avant) prônant fièrement son afro-féminisme entre chaque titre. Ce soir là il ne fallait pas être un mec, il y en a eu un assez idiot pour oser lui couper la parole, elle l’a remis à sa place violemment à coup de «  shut up and go fuck yourself if you don’t want me to kick your ass ». À la fin elle a montré son cul, elle a fait monter les plus belles afro de la salle, ça dansait sur scène et dans cette hystérie générale elle est partie. Son adorable dj a enchainé avec une demie heure de set où on pouvait entendre les voix de Beyoncé, Nicki Minaj et Kylie Minogue entre deux beats. On est sorti du marché gare avec des bleues des courbatures et des acouphènes, mais on est surtout sorti du marché gare galvanisé par les paroles de Princess Nokia, l’incroyable Princess Nokia.
Notre monde a alors repris son cours habituel et je reprends là où je m’étais arrêtée lors de notre dernière entrevue. On était à Paris pour la fashion week (ou plutôt devant mon ordi et les slides officiels des défilés) mais comme toujours le temps passe trop vite, la mode homme a été remplacé par la Haute Couture sans nous avoir laissé le temps de reprendre notre souffle. J’oublie donc les derniers défilés hommes pour rester dans le coup (ce que je ne suis pas bien sûr). La haute Couture c’est les silhouettes vaporeuses de chez Valentino.

valentino

Ces figures comme des méduses, si fascinantes qu’on ne sera jamais en mesure d’approcher, si fragile que le moindre faux pas pourrait tout détruire, pourrait tout déchirer.
C’est aussi les rares créations d’Iris Van Herpen l’artiste néerlandaise qui ne sort les pièces qu’au compte goutte.

van-herpen

Il y en avait seize cette année, toujours aussi impressionnantes par leurs prouesses techniques mais ( peut être suis-je la seule à éprouver ici un léger ennui) saison après saison Iris Van Herpen sort du Iris Van Herpen et je ne vois que du Iris Van Herpen rien de plus.
On s’amusait plus avec le fantôme de Marie Antoinette chez Guo Pei. La créatrice chinoise surtout connue pour la fameuse robe jaune de Rihanna au Met Gala 2015 avait intitulé son défilé Legend.

guopei

On avait mis la subtilité de côté au Palais de la cité mercredi. On pouvait y croiser des reines fluorescentes et des guerrières parées de lourdes broderies traditionnelles chinoises.
Depuis maintenant cinq ans la Maison Margiela fait partie du cercle fermé de la Haute Couture et ça fait du bien.

margiela

Même si Martin a quitté le navire il y a bien longtemps et qu’aujourd’hui c’est Galliano marchant sur des œufs qui le dirige, ça fait du bien de voir parmi ce monde de robes de princesses des robes qui ne sont pas des robes. L’esprit radical Margiela a invité le burlesque Galliano, les deux semblent s’entendre dans un beau mélange des genres. John a pu trouver sa rédemption dans ce monde, celui de la mode, celui où rien est éternel (sauf Karl).

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