Your Name, la relève de Miyazaki est en route

     Au cinéma, je n’ai jamais pleuré une seule fois. Devant la mort de Jack, le Titanic sombrant en arrière plan, j’ai explosé de rire face aux bulles sortant de son nez. Devant le tombeau des Lucioles, mon système lacrymal est resté bloqué du début à la fin. Devant la liste de Schindler ? Toujours rien. Moulin Rouge ? Non plus. Et puis, je suis allée voir Your Name. La salle était blindée d’enfants bruyants et agités et de parents certains de leur montrer un film de leur âge. Tous se sont tus du début à la fin, j’ai même vu quelques gosses laisser couler une larme. Et moi, avec ma réputation de cœur de pierre cinématographique, pour la première fois, j’ai pleuré. Trois fois.

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     Your Name ne s’annonçait pourtant pas comme un drame à la limite du tragique. Au vu de la bande annonce, je pensais me diriger vers une comédie romantique bien niaise et sucrée où les protagonistes ne s’embrassent même pas à la fin (pudeur japonaise oblige). Un garçon et une fille aux vies opposées découvrent qu’ils peuvent échanger leurs corps et parviennent à communiquer par le biais de leurs journaux intimes respectifs. Forcément, ils vont essayer de se rencontrer. Forcément, ils vont tomber amoureux tout en se détestant. Les codes japonais, en bref. Mais c’est là où ce film tire son épingle du jeu. Ce n’est PAS une comédie romantique. Il se présente comme tel, il fait parler de lui comme tel, il commence comme tel et puis … Et puis tout s’effondre. Chose extrêmement rare dans le cinéma anime japonais : on change de style, on change de ton, on change même d’histoire. Je ne peux pas vous dire ce qu’il se passe, ce serait vous priver d’un sentiment de surprise tellement intense (et puis le spoil, non merci). Je dois à ce changement de registre mes premières chaudes larmes devant un écran. Le pire, c’est que tout était là, prévisible, sur l’affiche même du film ! Le public a le sentiment d’avoir eu tous les éléments, de tout savoir depuis le début, mais de s’être fait de belles illusions comme l’aurait fait une lycéenne japonaise nunuche à souhait. La désillusion est brutale, je vous préviens.

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     Le scénario, c’est fait. Enfin, pas vraiment, je passe à côté d’une tonne de détails dont je pourrai parler des heures, mais je vous laisserai voir le film pour que vous les releviez vous même. Une chose très plaisante dans Your Name, bien entendu, c’est le graphisme. Ce film est beau, mais pas seulement. Les angles de vue sont réfléchis, les plans sont extrêmement vivants (notamment ceux dans Tokyo, remplis de détails improbables). C’est ici qu’arrive la comparaison avec le studio Ghibli. Certes, le film a eu du succès et c’est avant tous dans les chiffres qu’on compare les œuvres de Miyazaki et celle de Shinkai. Mais dans les scènes de campagne de Your Name, j’ai retrouvé la maîtrise du calme de Mon voisin Totoro, dans les scènes de ville, celle du monde agité de Porco Rosso. Sincèrement, de quoi se plaint-on ?

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     Autre détail sympathique : la musique. Bon, c’est japonais. Si vous voulez vous faire une idée, je vous mets le générique en description (qui vaut bien plus que la bande annonce). Si vous avez déjà tapé du pied sur du Vocaloid, vous allez passer de très bons moments. Jusqu’ici, des clips qui coupent le récit tout en servant l’histoire, je n’avais vu ça que dans des séries (en anime, toujours), et ce n’était pas très réussit. Avec Your Name, le défi est relevé haut la main, j’avais presque envie de danser sur mon siège en copiant les chorés de Kyary Pamyu Pamyu, mais je ne l’ai pas fait pour une simple raison : ce qui se passait sur l’écran était bien trop beau pour être raté. Et puis, j’aurais fait peur aux enfants, ce qui les aurait rendu bruyants à nouveau.

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     Pour résumer, allez voir ce film dès que possible. En plus, vous n’avez aucun excuse, entre 10 et 30 nouveaux cinémas changent d’avis chaque semaine et décident de le montrer au public, il est maintenant visible presque partout en France. Un exploit digne d’un Ghibli, encore une fois. Si vous y allez, en revanche, V.O obligatoire. Je l’ai vu deux fois, dont une en V.F qui s’est révélée bien moins intense. Après, c’est à vos risques et périls … Ah, et une dernière chose. Prenez des mouchoirs.

@louizham

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19565772&cfilm=249877.html

Une réponse sur “Your Name, la relève de Miyazaki est en route”

  1. Je suis tellement d’accord avec cette critique !
    le scénar est tellement bien ficelé, que, même en ayant toutes les clés en main on se fait prendre de court par le film.
    Je suis également un cœur de pierre au niveau des film, je n’ai jamais pleurer devant un film et encore moins au cinéma et la j’ai du pleuré 3 fois également et me taper une boule au ventre et les larme au bords des yeux la seconde partis du film.
    Le plus marrant étant quand je suis aller le voir une seconde fois je me suis garder cette boule au ventre et quel larme aux bord des yeux et une petit pleure a la fin tout en sachant ce qui allait se passer tellement je me suis fais emporté (encore) par ce film !

    en se qui concerne VO-VF la VO est bien mieux, j’ai l’impression quelle apporte plus de détails ou du moins quelle est plus précise que la vf (outre l’émotion plus intense) Mais je trouve que pour une fois la VF est pas trop mal comparer à d’autre.

    enfin ce film est un pur bonheur a voir absolument ! (moi perso j’irais le voir une 3eme fois vu qu’il le programme dans ma ville debut fevrier :p)

    Aimé par 1 personne

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