Interview General Elektriks

Lémo : On parlait de ton style éclectique, est-ce que tout voyages t’ont amené des différences à ta musique ? Qu’est-ce que Berlin a apporté à ta musique ?

Je pense que les voyages ont une influence énorme sur ce que tu fais, après ce n’est pas nécessairement musicalement mais textuellement, tout ce que tu fais en tant qu’artiste finit par ressortir de toi dans ton ADN, par tes doigts ou ta voix après en fonction de ce que tu fais. Les voyages créent ça surtout que c’est quelque chose qui te met dans une situation de nouveauté, car tu quittes tes racines, les choses que tu connais mieux et tu vas vers l’inconnu et quand tu es face à l’inconnu, tu es face au neuf, un peu comme un bébé, donc si tu veux c’est des sensations très fortes et c’est le genre de situation qui génère la petite étincelle qui peut amener l’inspiration. Pour répondre de manière plus littérale à ta question, Berlin je ne pense pas que d’un point de vue son ou musical ça a eu un impact sur le disque « To be a stranger » mais je pense que textuellement oui. Tu vois ça s’appelle « To be a stranger », donc être un étranger, c’est une sensation que j’ai un petit peu depuis 1999, parce que j’habitais aux Etats-Unis avant, durant 12 ans dans la région de San Francisco, mais que j’ai beaucoup plus fortement depuis que j’ai déménagé à Berlin il y a 4 ans, et je sens beaucoup plus la perte de racines. Certains textes se sont donc dégagés au moment de l’élaboration du disque, qui touchaient là-dessus et j’ai donc décidé de donner ce titre à ce disque. Pour finir l’autre influence de Berlin aura été de me conforter dans le fait qu’il faut que je continue à tracer ma route et faire la musique qui me vient sans trop calculer, parce que Berlin est une ville dans laquelle il y a beaucoup d’artistes, et la plupart ne sont pas portés sur le commercial mais plutôt sur l’expression personnelle et sur quelque chose d’assez radical et d’être entouré de ça m’a conforté dans mon idée qu’il fallait pas se laisser prendre par les doutes et continuer à s’exprimer sans calculer.

 

Est-ce que tu as peur de ne plus trouver l’inconnu ?

Non parce que c’est une très grande planète et d’avoir voyagé déjà pas mal il y a de nombreuses villes vraiment fabuleuses et à chaque fois que je pars pour aller dans un nouvel endroit, je ne fuis pas l’ancien endroit c’est plutôt que je suis attiré par un nouveau lieu justement parce que j’y sens une nouveauté qui m’attire. Donc justement je ne pense pas que cela va s’arrêter, en tout cas là je suis bien à Berlin pour le moment j’ai toujours cette chose là. Par exemple avec la langue, je ne parle pas encore très bien allemand donc il y a des choses qui sont encore de l’ordre de la nouveauté, c’était moins le cas aux Etats-Unis parce que mon père est britannique donc je suis depuis longtemps bilingue, donc j’avais moins cet espèce de décalage là-bas.

 

Est-ce que tu penses que l’arrivée d’un enfant dans ta vie a changé quelque chose dans ta musique ?

Ouais carrément, merci de poser cette question, c’est très rare qu’on me la pose et pourtant je pense que ça a eu un impact énorme sur ma musique. Un enfant ça dépend comment tu le vis il y a plein de gens qui le vivent différemment mais moi avec Sara on a deux enfants qui sont grands maintenant mais à l’époque du premier disque en 2003, ils étaient petits, cela permet d’avoir un œil neuf face à la vie, parce que tu revois la vie au travers de leurs yeux, tu es nouveau, tu es dans la découverte. Quand tu es un oiseau dans un arbre, en tant qu’adulte tu as mis tes filtres d’adultes que ce soit social ou autre et tu regardes ton bébé dans la poussette et il est en train d’halluciner parce qu’il est en relation avec ce qui est en train de se passer autour de lui, c’est un petit exemple mais ça fait ça d’avoir un enfant et moi ça m’a permis d’être de nouveau un gosse face à la musique et de vraiment me dire qu’il faut que ce soit un jeu, il ne faut pas calculer encore une fois et il faut que ce soit quelque chose d’aussi ludique et fun que possible pour moi parce que c’est comme ça que j’ai le plus de chances pour que ce soit frais pour les autres gens. D’ailleurs Adèle et Jules, nos deux enfants, sont les principales voix sur « Helicopter » qui est un morceau sur mon deuxième album, parce que ce sont eux qui ont eu l’idée en fait. On était en train de traverser le Bay Bridge à San Francisco et il y a un hélicoptère qui est passé au-dessus de la voiture et ils se sont mis à chanter « I’m flying like a helicopter » juste comme ça à l’arrière de la voiture et je me suis retourné et « waow mais c’est super ce truc » et donc l’idée du morceau est venue comme ça. C’est un exemple en particulier où ils ont vraiment été l’inspiration claire sur un morceau mais de manière générale c’est la nouveauté, l’amour pour la vie que les enfants amènent et c’est très présent dans ma musique.

 

Propos recueillis par @matthbis

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