« Proudhon modèle Courbet »

Samedi 21 novembre, 20h55, le froid est glacial et le vent s’installe en maître sur la petite ville de Châtellerault, manteaux et écharpes sont de rigueur. Mais que font tous ces gens dehors à une heure si tardive ? Ils ont une bonne raison d’y être car c’est la représentation de la pièce « Proudhon modèle Courbet » mit en scène par Jean Pétrement et dont Arte salue la grandeur et l’humour en lui attribuant un prix spécial coup de coeur. Plus de 350 représentations et ce soir, c’est dans le petit théâtre de la Taupanne qu’il s’y tiendra. Lumières tamisées, places limités, c’est presque une sensation intimiste que ressentent les spectateurs en attendant patiemment le début de la pièce. Un homme commence à parler, silence, ça tourne. Il explique que le réalisateur était venu pour la première représentation afin de donner certaines clés aux spectateurs pour optimiser la compréhension de la pièce, ce soir, il n’est pas ici et c’est donc à lui d’expliquer la pièce. Après une rapide introduction sur Courbet (peintre réaliste) et Proudhon (polémiste, philosophe, etc..) ainsi que quelques éclaircissements sur leurs relations, le rideau se lève et pendant 1h10 les acteurs vont évoluer sur scène, dans l’unique pièce de ce huis-clos. C’est dans l’atelier de Courbet avec une reproduction du célèbre tableau, fidèle à son format de peinture d’histoire que vont jouer les comédiens. Nous pouvons remarquer les subtiles références faites à ses œuvres notamment avec les esquisses de l’Origine du monde ainsi que Les casseurs de pierres. Nous assistons à une dispute s’apparentant plus à un débat philosophique entre Proudhon, qui sait manier les mots et Courbet, qui sait lui, défendre ses idées. S’ajoute à cette querelle virile (le philosophe n’étant pas féministe pour deux sous) la fraîcheur et la soif de liberté de Jenny, modèle de Courbet, une femme complètement libérée mais emprisonnée par la société et qui taquinera un à un, Proudhon, Courbet et Georges le braconnier aux idées conservatrices. On apprécie tout particulièrement les allusions historiques tels que le Pavillon du Réalisme, l’humour sur L’Origine du monde et autres petits détails qui nous font rire, vivre, palpiter tout au long de la pièce ! Rappelons qu’au même endroit, à la Taupanne de Châtellerault, se déroulera ce jeudi 26 novembre à 18h30 une conférence sur Gustave Courbet. Les places sont libres et gratuites dans la limite des places disponibles, mais nous ne pouvons que vous conseiller d’y aller encore et encore !

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