L’herbe Bleue

En tant que bouquineuse de l’extrême, j’ai été à l’une des foires aux livres en vogue du moment où classiques inédits et petits auteurs inconnus se côtoient, se confondent, se découvrent. Après quelques heures à farfouiller dans un monticule de lettres entassées, je suis tombée miraculeusement sur un écrit qui ne payait pas de mine avec sa couverture tout droit sorti des années 80. « L’herbe bleue ». Pas verte, mais bleue. C’est ce titre qui m’a étrangement attiré et incité à l’acheter. Chose pensée, chose faite. Ça n’est que le soir, accoudée à ma table entre mon verre et le cendrier que j’ai commencé me lecture, cette ascension dans l’intimité d’une fillette inconnue. D’un auteur anonyme, « Go ask Alice » (titre original et livre attribué quelques années après sa parution à Beatrice Sparks) a pour thème les drogues hallucinogènes dont la nomenclature suggère assez bien ce choix car c’est une référence au groupe JEFFERSON AIRPLANE – WHITE RABBIT, chanson pop qu’écoutent un certain nombre de personnes pendant leurs quelques heures de brumes.

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En bref, j’ai rarement reçu de claque littéraire aussi violente. Au travers de ces lignes écrites en noir et blanc, est retranscrit l’innocence, la délicatesse voire la naïveté d’une enfant de quinze ans qui y narrent sa vie d’adolescente tout juste sortie de l’enfance. Du bateau qu’elle prendra et qui l’a conduira jusqu’à sa perte dans l’univers vicieux de la drogue. Cette descente en Enfers est presque naturelle. Tout commence par un jeu anodin dans une soirée quelconque, « qui a vu le furet ». Elle ingère du LSD contenu dans un verre par mégarde. Ce sera ce soir, date qu’elle n’oubliera pas, qu’elle n’oubliera jamais qui marquera le commencement de sa nouvelle vie faite de manques, de frustrations et d’hallucinations. Car elle y prendra goût malgré elle, recommencera, et, petit à petit, plongera dans l’océan vénéneux de la drogue. Elle créera son commerce, dealera, tentera d’arrêter, touchera le fond sans parvenir à refaire surface. C’est incontestablement le livre d’actualité en vue des nombreux festivals et soirées en l’occasion des vacances d’été où les stupéfiants allant de drogues douces à drogues dures y circulent presque librement. Ça n’est pas un témoignage pour que vous, lecteurs de cet article, consommateurs ou non de ce genre d’échappatoire, arrêtiez de faire ce que vous voulez de vos vies mais une remise en ordre du cycle naturel de l’addiction.

 

@moonfxky

2 réponses sur “L’herbe Bleue”

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