Richard III

Tout d’abord pour les lecteurs n’ayant jamais entendu parler de cette version de Richard III il faut savoir qu’elle nous vient de la Schaubühne de Berlin et du génie de mise en scène de Thomas Ostermeier. Ce dernier, à la suite de ses études, devient directeur artistique de la Baracke puis de la Schaubühne et lui permet ainsi de poursuivre son travail de découvreur de textes nouveau (von Mayenburg, Norén, Fosse etc.). Ses pièces toujours réinprétées montre à la fois la réalité de l’Allemagne réunifiée et celle d’un monde où les conflits se multiplient. Et Richard III est un parfait exemple de ce théâtre engagé, vivant, critique et généreux que nous propose Ostermeier

William Shakespeare écrit Richard III dans jeunesse entre 1592-93 à la suite de la grande trilogie Henry VI dont elle devient la « conclusion ». Cet épilogue présente le roi Richard, incarnation du mal absolu, réussissant à séduire et manipuler la cour tel une Lady Macbeth. Ce roi « Joker » est repris par Ostermeier et von Mayenburg pour montrer que derrière l’image de ce tueur en série appariat une facette de notre inconscient..

Dans un Opéra Grand Avignon bondé de spectateurs s’étant battu à feu et à sang pour être dans leurs sièges, la pièce démarre avec une entrée « in media res » rythmée par le batteur Thomas Witte. Et au milieu de ce brouhaha apparaît Richard incarné par Lars Eidinger. Tout se calme et se fige face à la respiration rauque de ce personnage noir et monstrueux. Ainsi se construit ce dernier acte de cette guerre des Roses. Il serait impossible de ne pas tomber fou amoureux de ce véritable Joker avant l’heure tant ce comédien nous dévoile tout son art. L’esthétique de la mise en scène est tout simplement sans reproche, au point où le spectateur pourrait se croire dans un film d’horreur tant Ostermeier nous oppresse par son jeu de micro/caméra. La conclusion de ce chef d’œuvre est aussi sa cerise sur le gâteau : Eidinger nous dévoile la mort d’un monarque à la façon des plus grands et il semble impossible que devant le corps inerte suspendu dans le noir de ne pas se lever et acclamer la pièce qui a littéralement illuminé la 69ème édition du Festival d’Avignon.1423670241_web_richard-5479carno_declair

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