Interview de Carbon Airways

Ils s’appellent Carbon Airways. Il était une fois, dans une ville de province, deux bébés qui naissaient,ils se firent nommer Eléonore et Enguéran à quelques mois d’intervalle. L’Histoire le dira bientôt mais seulement une quinzaine d’années plus tard, ils chamboulèrent la techno Française. Ils s’appellent Carbon Airways et ils ont 18 ans. Une déferlante d’énergie les accompagne à chacun de leur concert. C’est violent mais magnifique et qui a pu les voir en live ne peux que faire valser ses cheveux au son de cette techno froide et salvatrice. Et pourtant ils arrivent d’un autre univers un peu plus classique, lui est violoniste et elle est violoncelliste. Ils évoquent pourtant des références diamétralement opposées à Bach comme les sublimes Prodigy. C’est peut être ça qui rajoute du charme à ce duo intrépide. Ils s’appellent Carbon Airways, font danser les Dudes des Usa et les Ados français. Et Lémo à l’immense plaisir de vous faire partager notre entretien avec eux, l’interview de Carbon Airways.

Jacco Gardner. 7 février 2014.La Maroquinerie. Paris. Michela Cuccagna©
Jacco Gardner. 7 février 2014.La Maroquinerie. Paris. Michela Cuccagna©

Lemo & Bio la radio : – Nous sommes toujours chez Jeunes et Modernes en direct du Confort Moderne pour cette soirée spéciale lycéenne, les Carbons Airways nous ont rejoints. Merci d’être là, bonjour.

Carbon Airways : – Bonjour

– Salut

 

 

– Ca va bien ? Merci d’être là avec nous.

 

– Ca va.

 

– Merci de vous prêter au jeu de l’interview. C’est donc des lycéens du LP2I qui vont vous interviewer. Ils sont très nombreux parce qu’ils avaient beaucoup de questions à vous poser. On n’a pas pu les départager, c’était trop dur. Du coup, c’est Corentin qui va ouvrir le bal avec une première question pour vous.

– Alors, qui êtes vous et comment définiriez-vous votre style ?

 

Déjà, c’est un groupe de frère et sœur, Éléonore va avoir 19 ans et j’en ai 17. On fait de l’électro depuis 2010, Éléonore est violoncelliste à la base et moi violoniste. Notre style de musique je ne sais pas trop, c’est toujours un peu difficile d’auto-évaluer comme ça.

– C’est surtout les journalistes qui nous le disent… Par exemple, toi comment tu le définis ?

– C’est vrai que c’est un peu compliqué, plutôt de l’électro mais c’est vrai que l’électro c’est assez large. On peut dire

du Big Beat peut-être.

 

– On sait que au début, vous faisiez de la musique classique dans un conservatoire, comment vous ai venu le déclic de passer du classique à l’électro ?

 

Tout simplement parce qu’on ne pouvait pas s’enregistrer et jouer tous les instruments parce qu’à la base on ne faisait que des duos ensemble. On a demandé à nos parents à Noël 2009 de nous acheter un ordi et des logiciels. Et puis c’est parti, la musique électro… et puis grâce à ça on en est là aujourd’hui !

 

 

– Par rapport à votre style musical, avez-vous eu des inspirations pour jouer ce que vous faites, on peut ressentir une patte de Prodigy si je me trompe pas ?

 

Forcement, oui c’est clair, Prodigy ca reste vraiment notre base. Et puis on écoute aussi du Pink Floyd jusqu’à la dubstep, on est vachement large, très ouvert. Il ne faut pas rester bloquer sur un seul style parce qu’on tourne en rond, ça devient un cercle vicieux le truc et puis voilà, nous on aime pas ça. On est ouvert à toutes propositions, si tu en as là d’ailleurs (rigolade).

 

 

– Et vous nous avez parlé de votre multiplicité des styles que vous écoutez, de vos influences. Moi j’aimerais savoir comment vous gérez votre vie d’ados en tant que personne très connus et très populaire ? Comment vous ressentez cette popularité notamment en inspirant les jeunes qui veulent créer ou se lancer dans la musique par exemple ?

 

Merci de dire qu’on est super connu, ça fait plaisir ! Alors moi j’ai quitté le lycée, j’ai fait une semaine et demie de terminale et puis je me suis barré. J’ai posé les cahiers parce que je ne m’y plaisais pas et je crois que c’était le moment de prendre le projet bien comme il fallait. Et Éléonore est à la fac d’info com aujourd’hui, on continue à bosser… Mais ça va on s’en sort, on reste toujours ouvert faut pas prendre la grosse tête. C’est pour ça d’ailleurs qu’on fait ça, parce que ça nous fait plaisir

 

– Et du coup, une question un peu plus sur la création de vos morceaux qui sont assez différents les uns des autres. C’est une question un peu plus sur la construction du morceau, est-ce que vous composez la rythmique etc avant ou plutôt après avoir écrit les textes, ou est-ce que vous partez vraiment des textes ?

 

Alors en fait moi je compose des boucles, je les fais écouter à Éléonore, on choisit ensemble celle sur laquelle Éléonore est plus inspirer pour chanter et celle qu’on préfère pour le morceau, pour faire des breaks, des refrains enfin des passages sans voix quoi… Et après Éléonore fait ses voix de son côté quand elle est dans son appart toute seul et moi je passe à la construction, on mêle nos idées ensemble, on se partage nos idées et puis après on voit ça.

 

– Au niveau de l’importance que vous commencez à acquérir, vous avez fait le festival Coachella qui est un des plus grands festivals du monde, qu’est-ce que ça fait de faire un festival comme ça ? Est-ce que vous avez été contacté ou vous les avez contactés pour aller à ce festival ?

 

-On a un agent aux Etats-Unis qui s’appellent William Maurice Entertainment, c’est une grosse boîte de management aux U.S.A, ils font la programmation aussi de Coachella et nous ont placés dedans aussi simplement que ça. – Et du coup votre sentiment quand vous êtes montés sur la scène de Coachella ? En plus on était sur une des plus grosses scènes, celle de 20 000 personnes, c’est impressionnant. Ce n’est pas notre plus grosse scène, la plus grosse scène c’était au Vieilles Charrues mais c’était une grosse claque parce qu’en plus c’est 100 000 festivaliers par jours. Ouai c’est vraiment fat, ça reste vraiment dans le crâne.

 

– Et justement pour rebondir là-dessus, on sait que c’est donc des festivals de très grandes ampleurs, comment vous l’avez vécu vous le fait d’avoir autant de monde devant vous et puis de faire un festival aussi grand ?

 

Baah, je préfère le prendre comme ça, ça veut dire qu’on reste même aujourd’hui surpris, tu vois. On ne sait même pas qu’on la fait. Il faut rester émerveillé pour ne pas prendre la grosse tête, et puis se dire qu’on avait notre place là-bas. – Vous êtes allés au bout de votre rêve en fait. Ouais ça fait partie de ça

 

– Alors on voit que vous avez un genre musical très particulier et puis moi j’aimerais savoir quelle est la chanson la plus honteuse que vous ayez écoutée dans votre playlist quand vous avez commencé ? Quelle est la chanson que vous ne voudriez plus jamais écouter ?

 

On m’avait déjà posé cette question au Mouv’, je vais le dire en fait c’était une grosse blague hein. Mais je lui ai fait écouter « Vamos a la playa » de Louna, un truc du genre. J’ai jamais écouté ça mais c’était juste le délire de sortir un truc improbable. Mais pour de vrai, je trouve chaque chose qu’on écoute soit pour la découverte, je vais surement écouter Kendji Girac je suis pour voir ce que c’est alors que je sais que ça va pas du tout me plaire juste pour le fun tu vois mais…

 

– Fais attention avec ça hein ! Ca peut aller loin ! (ironie)

 

Carrément c’est clair ! Oh que oui. Je crois que voilà si on n’écoutait pas des choses non plus, je sais pas en tête un truc complètement dégueulasse

– Sinon c’est pour déconner quoi…

 

– Oh si peut-être ! Pour la déconne, on est en boîte, ils passent du Patrick Sébastien ça le fait pas du tout quoi…

 

Effectivement, il faut s’adapter quoi, haha !

 

– Du coup, vous avez commencé la musique en 2010, électro pardon, c’est vrai vous avez fait le conservatoire avant. J’ai pu écouter les premiers morceaux que vous avez fait, la c’est plus une question pour toi Enguérand, le fait d’avoir mué, c’est une question qu’on s’est posé en écoutant vos morceaux, ça a changé quelque chose à votre style musical ou est-ce que ça a pu justement apporté plus de punch à vos morceaux ?

 

On a eu une évolution de style forcement puisqu’on écoute plus les mêmes choses et on n’a pas toujours envie de la même chose. J’ai eu la chance de muer pendant cette période où c’était plus du tout moi qui chantait sur les morceaux. On s’est pas trop rendu compte du truc et c’est en réécoutant les anciens morceaux qu’on s’est dit à ouais, il y a une petite différence.

 

– C’est même une grosse différence ! Quand on écoute un des premiers et un des derniers. – Tout à l’heure quand on a écouté Razer Age ou Black Sun ou encore celui que vous avez fait avec, je ne vais pas être capable de dire leur nom, mais Getter Punk. Oui avec les  » Getter Punk », j’arrive pas à dire leur nom à chaque fois, par contre moi j’ai même pas chanté sur cette musique.

 

– Ah non ce n’est pas dans celui-là, c’est vrai qu’on se trompe un peu parce qu’il y a pas mal de chants différents dans cette musique. J’ai cru à un moment que c’était toi qui chantait.

 

– Est-ce que vous avez déjà enregistré des sons avec vos potes que vous avez sortis, par contre sur votre nom Carbon Airways, un petit sample par exemple que vous avez pris et mis dans votre musique ?

 

Pas du tout. En fait, on a jamais fait de musique avec nos potes, ça a commencé avec Eléonore direct et puis ça n’a pas bougé quoi. En fait, on n’y a même pas pensé. Et puis on n’avait pas forcement des potes qui faisaient de la musique.

 

– Ça restait dans un cadre familial. Et puis il écoutait Kenji Girac, alors tu vois c’était chaud !

 

– Tout à l’heure on parlait de vos rêves, des rêves que vous avez pu réaliser au travers des différents festivals que vous avez fait, et est-ce qu’un de vos rêves a pu être réalisé en rencontrant un de vos idoles, une de vos inspirations ?

 

Euh ouais, alors c’était en 2012, quand on a joué à l’Ultra Music Festival de Miami. En fait, on avait croisé Skrillex, enfin Sonny. C’était vraiment une idole pour nous, mais ce qui est bien, c’est qu’on l’a vu plein de fois : à Coachella, aux Etats-Unis, aux Eurockéennes j’ai discuté avec lui dans la loge. C’est devenu une bonne connaissance aujourd’hui, c’est ça que je trouve bien, je suis plus en mode groupie en fait.

– La vision que vous avez est complètement différente, elle a entièrement changé. Du côté de spectateur, vous passez du côté d’artiste. –

 

Justement par rapport à vos créations, à vos sons et vos featurings, est-ce que c’est vous qui choisissez vos partenaires pour créer vos sons, ou est-ce que vous passez par votre agent ? Est-ce qu’il y a des désirs derrière ?

 

Les deux, on peut avoir des choix : je vais sortir Rae Sremmurd parce que c’est énorme, ça reste des trucs à tenter. Mais après, on demande aussi à notre DA si on ne connait pas tellement des artistes qui sont en train de monter. EXGF pour le morceau Getter Punk, on ne les connaissait pas du tout, on les a rencontrés à Coachella. Là c’est notre directeur artistique qui les a trouvés, et depuis on a travaillé avec eux.
Sinon, ils nous font des propositions et nous, on accepte ou pas. C’est nous qui avons le dernier mot quoi…

 

– Tout à l’heure, au début de l’interview on a précisé que vous étiez frère et sœur. Est-ce que ça peut créer des tensions, le fait de faire un groupe familial en quelques sortes ? Parce que vous êtes proches et est-ce que faire votre passion tout les deux en tant que membres de la famille peut créer des tensions ?

 

Et bah pas du tout, ce qui est cool c’est qu’on est proche et totalement en phase, on ce qu’on veut tout les deux.

– On a le même âge aussi donc on voit la vie de la même manière et sinon quand on s’engueule, ça arrive forcement on ne va pas dire qu’on s’engueule jamais, ca dure dix minutes même pas et c’est vraiment super rare, je me rappelle même pas la dernière fois.

 

– Ok, merci beaucoup.

Merci à toi ! Merci à vous.

 

– Merci, du coup moi j’aurais une petite dernière question, un peu plus avec le regard du confort moderne, ce soir vous vous produisez dans le cadre de la soirée Jeunes et Modernes, c’est une soirée qui a été entièrement conçu et organisé par les lycéens de la région et pour les lycéens de la région. C’est eux qui ont voté pour vous, nous on leur a proposé une cinquantaine de groupes. Après ils avaient fait une short liste…

 

Merci beaucoup d’ailleurs.

 

– Une short liste d’une dizaine de groupe et après ils ont votés le soir d’une soirée de pré-programmation. Vous avez remporté haut la main les suffrages, est-ce que ça a du sens pour vous de jouer pour le coup, pour un public qui a votre âge et qui est de votre génération ?

 

Bah, c’est clair. Ca fait toujours plaisir. Ca fait vraiment chaud au cœur de savoir que des gens on voté pour nous, comme tu dis haut la main, la claque quoi. Et puis on nous a souvent parlé du fait qu’on pouvait inspirer des jeunes, moi ça me fait toujours bizarres de savoir ça. Ca fait aussi plaisir de jouer devant des gens de notre âge et d’être interviewer par des gens de notre âge, c’est ça qu’est cool. Ca donne des liens qui sont super cool et je trouve que c’est bien d’être proche avec son public.

 

– Merci beaucoup. On vous retrouve sur scène tout à l’heure, faites nous un beau show, la salle est pleine ce soir.

 

Ah génial on va se faire plaise.

 

– Merci, à très bientôt.

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