Explosion pérenne

                Henry VI cycle 2 - imageQuelque chose d’énorme. Non pas un coup de feu résonnant, mais une bombe tonitruante. Un vrai impact embrasé, qui s’imprime durablement dans notre mémoire en la noyant à long terme dans d’intenses réminiscences. Le second cycle d’Henry VI, deuxième moitié de cette pièce.

               Nous arrivons dans le TAP. Rangée du fond. A l’abordage, mécréants, puisse la veste en cuir rose flotter mieux que son propriétaire, trépassé. Sa si jolie tête livide et inanimée câlinée par les mains royales qui le pleurent, et qui pleurent la fin de l’aventurette dans un lit sympathique. Complots qui semblent se distendre pour ne s’épaissir que plus, une poignée d’heures et voilà l’entracte. Quelques heures, quelques minutes. Je n’en sais plus grand chose.

           Sièges au milieu des rangées. Fumée rougeoyante, enfant York, puis père, tombés. Retournements incessants de vestes et de situations. Puis sièges de devant, la rangée où l’on peut presque toucher la scène.
Roi démuni de sa couronne, York triomphant, pour l’un des trois frères du moins. Appel à l’aide auprès des français, ces joyeux travestis béâts que l’on aime tant. Problèmes familiaux, les trois veulent le trône qui ne supporte qu’un poids. Deux des frères sont déçus, l’un tente quelque chose, mais finalement… non. Et ce bon Duc d’York, sur son trône, et Henry, écroulé dans les escaliers, et Richard, presque clairvoyant mais qui se soumet au sort qu’il s’est réservé et imposé.

                 Intrigue tortueuse, démente ; scénographie dynamique, drôle, diablement efficace ; jeu hilarant, poignant, saisissant. Voix fortes et puissantes et postillons dont elles viennent, mimiques géniaux, les vers de Shakespeare sont sublimés au plus haut point.

              Shakespeare, the Clash, Lou Reed, et j’en passe. Henry VI. Richard III. La Piccola Familia. Un concentré électrique de tout ça. Et surtout une émotion énorme. La fin de la pièce. Huit heures trop courtes et intenses. Le moment où l’on se lève et sens une vibration violente, qui n’en finit pas, qui dure. Une standing ovation dans la forme. Un ressenti indescriptible et magistral dans le fond, qui ne se limite pas à la soirée en matière de temps. Certains spectacles marquent plus que d’autres. Et certains, comme Henry VI, martèlent.

                                                                                                                                                                                       Mojo

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