« Chronique de Jérusalem », un récit touchant et poignant

C’est l’histoire de l’Histoire qui se répète depuis trop longtemps. Il faut prendre conscience que des choses se passent autour de nous, qu’elles ne nous touchent de près ou de loin. Cette bande-dessinée est là pour vous le rappeler.

J’ai fais l’étonnante découverte d’une bande-dessinée virant plus au reportage autobiographique qu’à un  road trip d’éclate total de personnages déjantés (si vous cherchez un bouquin comme ça, je vous conseil ZOMBILLENIUM). Je vous parle ici de « Chronique de Jerusalem ». La couverture est lisse en papier glacé, l’écriture clair et surtout, c’est un bloc de trois cent trente quatre pages. Je tombe directement dans le cliché de l’adolescent paresseux, assit sur sa Bible de la procrastination et  étroitement scotché à son ordinateur mais le nombre de cases fait peur. Sans rire, une BD n’est censée faire qu’une centaine de pages à tout casser (vous pouvez hurler « stéréotypes », je vous pardonnerai). J’ai dû braver mes premières frayeurs et m’armer de courage avant de m’y plonger, surtout que mes parents possèdent un humour particulier et ont eu la bonne idée de me l’offrir en espagnol. Alors machinalement, sans grand enthousiasme, je tourne les feuilles au fur et à mesure de cette petite histoire. Et je me suis laissée entraînée dans le réalisme de cette épopée à l’échelle humaine. Nous sommes au cœur d’une vie, celle de Guy Delisle qui s’installe doucement avec sa famille au complet à Jérusalem pour une durée d’un an. Sa femme travaille pour Médecins sans frontières et est donc en mission humanitaire. Pendant qu’elle vadrouille un peu partout, nous allons suivre Guy qui papillonne entre la préparation de son projet de bande dessinée et celui de l’homme au foyer. De fil en aiguille, le lecteur découvre la ville en même temps que le personnage, les deux sont alors fascinés par la représentation d’un milieu différent de celui où nous vivons, transportés par ces dessins simples et réalistes. C’est une enquête déguisée où l’actualité filtre grâce aux croquis de ce futur dessinateur. Entièrement créé par l’auteur du même nom que le protagoniste, cet album est autobiographique et a reçu le Fauve d’or : prix du meilleur album.
J’ai particulièrement était touchée par la naïveté des personnages qui ne sont ni des héros, ni des surhumains, juste des hommes un peu perdu dans cette violence inhabituelle. C’est avec une justesse désarmante que Guy nous conte le conflit Israélo-palestinien, sans aucune haine simplement de l’incompréhension perlé de tristesse. Cette thématique sera omniprésente dans l’histoire, poussant chacun à se questionner, que nous soyons adultes, enfants ou grand-parents. Il est impossible de rester de marbre face à ce récit éloquent. L’agressivité de l’ambiance ainsi que son instabilité tranche avec l’incroyable empathie des personnes que nous rencontrons au fil des chroniques.
Alors je vous conseilles vivement de sortir des clichés et de relever la tête de vos tablettes, trouvez un moyen de locomotion et filez découvrir cette merveille !

Apo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s