« […] Que le printemps sublime aux limpides pudeurs. »

L’expression de l’inconscient. Pas moins. Peut-être plus, après tout. Dans un recueil de poèmes illustré, Paul Eluard et Man Ray présentent sous aperçu brumeux un état de leurs âmes, révélée dans une crudité vague qui délaisse sa lucidité ; comme un rêve de mots entrelacés, de dessins fort curieux en guise de poèmes muets. Ce n’est pas le langage qui suscite cette étrange réception. C’est sa tournure, tout son sens qui ne semble pas en avoir. Ce ne sont pas les tracés linéaires et de prime abord simples qui interpellent les yeux. Ce ne sont plus que des images jeux de mot, des cadavres exquis venus du cosmos, des private-jokes intimes à Ray qui se répercutent sans acheminement réel dans notre conscience encore trop nette qui laisse tomber dans son âme les constatations intimes d’Eluard et Ray. De la matière à ressentir nous envahir. Des mots qui prennent sens si l’on ne les décodent pas. Des dessins qui persistent à rester ambigus.

Un appel à la clairvoyance imaginaire, à la nudité de l’esprit, un éloge de la vérité du rêve. Les révélations internes ne se font qu’au fond de notre être.

man ray
http://cpc.cx/bfj

« LA FEMME ET SON POISSON

La vierge et son grillon le lustre et son écume

La bouche et sa couleur la voix et sa couronne. »

De quoi nous faire revenir à nos rêves lucides, à Jacques-André Boiffard et autres délires surréalistes.

Mojo

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