Rencontre avec un artiste dans les rues de « Lemonum »

Jérôme Bouchard est un artiste parisien venu s’installer à Poitiers afin de vivre de son art, ayant trouvé un local qui pourrait lui servir d’atelier, et où ses œuvres seraient exposées ; situé au 65, rue de la Cathédrale, à Poitiers, (rue qui doit vous être familière si vous connaissez la boutique de BD Bulles d’encre et le bibliocafé qui s’y trouvent également) cet artiste m’a accueillie lors de mon interview improvisée : il m’a tout de suite proposé un siège, donné une feuille, un crayon et un support (improvisation oblige, je n’avais rien sur moi). Très ouvert, agréable, et surtout très passionné par son métier, il a accepté de me parler un peu de ses projets, son œuvre, et ce qui tourne autour.

 

Poney

Il confie n’avoir pas vraiment été bon élève ; ce sont ses griffonnages perpétuels qui l’ont conduit aux Beaux-Arts. Il avait 17 ans lorsque provint le déclic : quelqu’un lui fit remarquer que ses dessins évoquaient les gravures. C’est cette voie qu’il suivit et qu’il continue d’explorer aujourd’hui.
Il utilise la technique de la gravure en relief, « taille d’épargne », dans le jargon. Ses matériaux de prédilection sont le bois et le lino. Cette technique est très ancienne, elle était déjà utilisée à l’époque de la presse typographique, notamment au Brésil où c’était presque une tradition : les journaux étaient faits par gravure : les faits-divers, les chants et les poèmes, tout ceci était gravé ; l’artiste compare cela à de l’art naïf. Le fait que cette technique remonte à une tradition populaire plait à l’artiste, il souhaite rendre l’art accessible et peu cher, c’est pour cela qu’il a choisi la gravure, qui permet un très grand nombre de tirage d’un même motif, et donc une sorte de démocratisation de l’art.
Il résume le processus de réalisation d’une œuvre en trois étapes : tout d’abord, il travaille sur le dessin ; ensuite vient la gravure, et enfin, l’impression d’après cette gravure.

Jérôme Bouchard voudrait s’inscrire dans la démarche de l’association pour l’estampe et l’art populaire. On peut voir exposées (et prêtes à la vente) de nombreuses œuvres dans son atelier. Il explique que dans son travail reviennent plusieurs éléments : des animaux imaginaires très personnels, des métaphores d’humeur, des arbres (qui sont pour lui une sorte d’obsession) et des nus qui tirent souvent vers l’érotisme. Ceci est figuratif ; il a commencé un peu plus récemment à entrer dans une période plus abstraite, car d’après lui s’acharner sur quelque chose en particulier mène au bout, donc passer à un univers plus abstrait serait la continuité à laquelle l’aurait mené sa figuration. Il rappelle que son art est un art que l’on pourrait qualifier de « brut » : tout n’est pas fait pour être forcément expliqué ou calculé par rapport à celui qui reçoit l’œuvre, son art part d’une nécessité d’expression qui se montre aux autres sans s’y adapter.

Enfin, au vu de l’impressionnante collection de CDs qui trône sous son bureau, l’artiste termine par faire remarquer que la musique est quelque chose de très important pour lui, il aime en particulier le jazz, le blues, et le rythm’n’blues.

Alors si jamais l’envie vous prend, allez donc découvrir par vous-même l’univers de cet artiste !

Mojo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s